Ministère des Maliens de l´Extérieur et de l´Intégration Africaine

                                                                        CENTRE D´INFORMATION ET DE GESTION DES MIGRATIONS


                                                                                                    Pour une politique migratoire concertée




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Foire Aux Questions

Vous trouverez ici les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur le CIGEM. 

Si nous n’avons pas répondu à toutes vos questions, n’hésitez pas à nous le faire savoir .

 

Combien de Maliens sont refoulés chaque mois ? J’ai lu qu’en moyenne 50 Maliens sont refoulés de force, chaque mois. Le CIGEM doit-il aider aussi ces gens-ci ?
Oui, le CIGEM aidera également ces personnes à travers un programme de réinsertion et ou de promotion économique participatif (en rapport avec les migrants, les associations de migrants, les structures étatiques comme la Délégation Générale des Maliens de l’Extérieur..). Cet appui se justifie par le fait qu’un migrant refoulé, expulsé est aussi un candidat au départ (évidemment si rien n’est fait pour lui).

 Le centre aidera t-il des Maliens (et d’autres Africains) à trouver un emploi en Europe ou autour ? Qui définira le profil, le secteur où travailler, etc. ? Est-ce que les entreprises européennes / africaines auront le dernier mot sur qui sort du pays avec un visa et un permis de travail légal ?
Le centre aidera les maliens à élaborer leur propre projet professionnel au regard des opportunités d’emploi dans la sous région principalement, ailleurs en Afrique et partout dans le monde. Le centre, qui est un projet malien, aidera l’Etat dans la définition de sa politique migratoire et dans la dynamique de mobilité professionnelle : information sur les conditions de migration, orientation vers les structures professionnelles, aide à la formation professionnelle... La délivrance de visas reste de la responsabilité des consulats de chaque état concerné, ce n’est pas une compétence du CIGEM ni des entreprises européennes ou africaines.

Le centre aidera-t-il les migrants potentiels à trouver un emploi en Europe ?

Le centre a pour but de fournir aux migrants potentiels des informations sur les possibilités de migration légale vers l’Europe et vers d’autres destinations, ainsi que sur les opportunités de formation et d’emploi au Mali même. Pour l’instant, il n’est pas prévu que le centre aide de manière directe les migrants à trouver un emploi en Europe. Il contribuera plutôt, à travers les activités d’information et d’orientation, à améliorer l’employabilité des migrants potentiels et de retour.

Sur demande, le centre aura également la capacité de soutenir les autorités maliennes dans la négociation d’accords relatifs à la migration de travailleurs avec des États membres de l’UE et d’autres régions. L’entrée en vigueur de ce type d’accords bilatéraux étendra les voies légales de la migration du travail.

 

Le centre est financé par la Commission européenne. S’intéresse-t-il uniquement aux flux migratoires entre le Mali et l’Europe ?
Le champ d’action géographique ne se limite pas aux pays européens. Il inclut toutes les destinations des migrants maliens. Étant donné que l’énorme majorité des flux migratoires maliens concerne l’Afrique de l’Ouest, cette sous-région sera probablement une cible importante pour le CIGEM. La dimension sous régionale du CIGEM et ses liens étroits avec la CEDEAO relèvent également de cette logique.

Le centre pourra-t-il éviter les drames de tant de naufragés, qui ont tenté de traverser l’océan pour gagner l’Europe ?
Le centre est une réponse parmi tant d’autres, il serait illusoire de croire que le CIGEM pourrait à lui seul apporter la réponse à toutes les raisons de départ, ou encore stopper seul l’immigration clandestine. D’autre part, les destinations européennes ne sont pas les seules prises en considération et le CIGEM ne se limite pas à la question des migrations illégales. Toutefois, il est à noter que les activités d’animation et de sensibilisation (préventives) ont commencé à avoir des échos auprès des populations surtout avec l’implication des acteurs témoins des traversées (personnes ayant vécues l’expérience et pouvant témoigner des risques réels).

Le centre proposera-t-il des formations professionnelles ?
Le centre agira en étroite coopération avec les institutions nationales compétentes en matière d’emploi et de formation professionnelle et leur accordera son appui, à commencer par l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE) et l’Agence pour la Promotion et l’Emploi des jeunes (APEJ), qui sont notamment chargées d’accueillir, d’informer, d’orienter les demandeurs d’emploi, en particulier les jeunes, et de les intégrer sur le marché du travail.

Pourquoi le Mali ?

L’Afrique subsaharienne est en train de prendre de plus en plus conscience des avantages que la migration peut apporter pour le développement (comme par exemple via des contributions techniques et financières par la diaspora, des bénéfices mutuels suite à l’échange de travailleurs) et de la nécessité de réduire au minimum ses effets négatifs.

Le Mali est le deuxième pays d’Afrique de l’Ouest par la taille. Sa position centrale et ses frontières perméables en font un pays de transit, d’origine et de destination des flux migratoires. Le gouvernement malien mène depuis plusieurs années des actions spécifiques en faveur des Maliens de l’Extérieur sous la responsabilité d’un Ministère spécifique, il est actif et a apporté son soutien aux actions dans le cadre des discussions euro-africaines sur les migrations et s’est montré intéressé par la création de ce centre. Le Mali possède aussi une agence nationale pour la promotion de l’emploi. Le centre constitue donc un moyen d’appuyer le gouvernement malien dans ses efforts pour une meilleure gestion des migratoires.

 

Pourquoi tant d’émigrés maliens ? Que peut faire le CIGEM pour réduire les flux de clandestins ?

Les mouvements migratoires s’inscrivent dans l’histoire malienne et dans les dynamiques socio- économiques de la sous région. Ils sont largement orientés vers les pays limitrophes (Côte d’Ivoire essentiellement) et l’Afrique Centrale (Gabon, Cameroun). Ils répondent à des stratégies essentiellement économiques. La décision de départ ne résulte pas d’un simple calcul coûts-avantages individuel mais d’un projet construit socialement. La migration doit être comprise comme un réseau complexe d’interactions entre le milieu de départ, le migrant et le milieu d’accueil.

Dans des contextes économiques africains en difficulté, les migrations masculines, plus anciennes, sont à analyser comme une composante des stratégies familiales de diversification des revenus. Ces migrations se transforment et de plus en plus de jeunes et de femmes participent à cette mobilité.

En Afrique sub-saharienne, la mobilité interne des jeunes répond le plus souvent à des impératifs économiques, la mobilité pour une formation scolaire/universitaire étant réservée à une minorité.

Par rapport à la question des flux clandestins, le CIGEM développera une stratégie axée sur plusieurs volets (cf. une des réponses précédentes) : 
- sensibilisation sur les risques de la migration irrégulière, 
- information sur les opportunités de migration légale en lien avec les pays d’accueils et les consulats présents au Mali, 
- appui aux projets professionnels et aux activités de réinsertion : formation professionnelle, aide aux associations de migrants, financement de projets de codéveloppement…

Que fera le centre pour les migrants rentrant dans leur pays ?

Le CIGEM prévoit différentes actions pour les migrants de retour, volontaire ou pas, en fonction de leurs profils respectifs et objectifs personnels. Les actions peuvent aller de la diffusion d’informations utiles pour préparer le retour aux mesures d’accompagnement jusqu’à une aide à la réinsertion. Chacune des approches a été conçue en vue d’un seul objectif qui est de donner au migrant de retour une perspective de réintégration au Mali d’un point de vue socio-économique.

Les actions concernant les migrants retournant au Mali seront conduites en étroite coopération avec la Délégation Générale des Maliens de l’Extérieur.

Que fera le centre pour prévenir la migration clandestine ?
Le centre fournira un appui au gouvernement malien pour l’élaboration de sa stratégie de communication nationale visant la prévention de la migration clandestine. Le CIGEM lancera une campagne contre la migration clandestine, tâchant de faire prendre conscience des dangers qu’elle représente et d’orienter les migrants potentiels vers les services référents pour l’emploi.

Quelle est la fonction principale de CIGEM ? Quelles sont ses missions/activités ?

Les principales activités du centre ont trait à :

  • l’amélioration des connaissances sur les phénomènes migratoires ;
  • l’accueil, l’information, l’orientation et l’accompagnement des migrants potentiels et des migrants de retour ;
  • l’information sur les conditions juridiques de la migration et la sensibilisation de la population afin d’empêcher la migration irrégulière ;
  • la facilitation de la participation des Maliens de l’extérieur au développement du Mali.

Quelle sera la politique du centre en ce qui concerne les envois de fonds par les migrants ?
Le CIGEM pourra lancer des initiatives (études, enquêtes…) et appuiera le développement de produits afin de réduire les coûts de transaction et à renforcer les effets positifs de ces transferts pour le développement au Mali.

Quelles sont les actions envisagées par le centre en matière de codéveloppement ?

Les actions du centre visant à mobiliser la diaspora malienne pour le développement du pays d’origine seront menées en synergie avec des initiatives.

Le centre soutiendra le projet de « transfert des connaissances par l’intermédiaire des expatriés » (TOKTEN ), géré par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD). Ce projet cofinance des missions d’appuis et d’échanges techniques de Maliens qualifiés résidant à l’étranger essentiellement au niveau de l’université. L’objet de ces missions d’universitaires maliens est notamment l’organisation de cours sur des questions spécifiques, l’appui à la création de nouvelles formations et établissement de contacts entre professeurs. Certains étudiants maliens sont suivis dans la préparation de leur thèse et dans leurs travaux de recherche conjointement par des professeurs maliens de l’université de Bamako et d’universités étrangères. Le CIGEM soutiendra l’extension du programme TOKTEN à d’autres domaines que celui de l’enseignement supérieur, notamment la santé, l’agriculture et le secteur privé et appuiera son élargissement géographique.

Qui gagne quoi en organisant ce centre ? L’Europe, qui ne veut pas d’immigrés légaux et seulement de la main-d’œuvre qualifiée ?
A nouveau, attention à ne pas limiter la problématique migratoire à un face-à-face entre l’Europe et le Mali, le CIGEM participe à l’élaboration d’une politique migratoire malienne globale. La migration est une problématique globalisée et tout le monde a intérêt à ce que la question soit traitée en partenariat. En plus, ces drames quotidiennes ne peuvent laisser personne indifférente et les pertes (de ressources humaines, financières…) occasionnées sont importantes.

S’agit-il d’un centre européen ou malien ? Qui dirigera le centre ?

La mise en place du centre est financée dans le cadre du 9ème Fonds Européen de Développement (FED) à hauteur de dix millions d’euros, un financement additionnel pouvant éventuellement être mobilisé au titre du 10ème FED. Le centre est placé sous la tutelle du Ministère des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, il constitue par conséquent un outil technique au service des autorités maliennes.

Le CIGEM emploie près de 35 personnes qui fournissent des services de conseil sur les questions de migration (y compris en matière d’opportunités d’emploi et de formation au Mali et à l’étranger), effectuent des travaux de recherche la problématique, traitent des questions de retour des migrants et favorisent l’implication des Maliens de l’extérieur dans le développement du Mali.

Vers quels pays les Maliens émigrent-ils ?
On estime qu’il y a 4 millions de migrants maliens, dont 3,5 millions résident en Afrique de l’Ouest et 200 000 en Europe (le Mali comporte environ 13 millions d’habitants).